NZK, l’indé! : « Un vrai labo musical »

Passionné de musique, Sébastien Poujade, qui vit à Limoges, a créé NZK, l’indé! il y a 9 ans. La radio, diffusée par Shoutcast, diffuse de la musique indépendante et beaucoup de nouveautés, permettant de faire découvrir de nombreux artistes. Sébastien a répondu très gentiment à nos (nombreuses) questions.

Comment le concept de NZK, l’indé! -t-il évolué depuis 9 ans ?

NZK, L’indé! est une webradio essentiellement dédiée aux découvertes musicales. Le but est de programmer un maximum d’artistes indépendants, qu’ils soient connus ou pas et d’utiliser aussi au maximum les réseaux sociaux pour faciliter leur promotion. Le but étant que l’audinaute fasse des découvertes musicales tout en écoutant des titres qu’il aime et qu’il a déjà entendu ailleurs, sur d’autres radios.

Depuis 9 ans (une victoire déjà!), NZK (traduisez NewZeeK) a évolué mais a s’est surtout adaptée à la façon dont les internautes ont voulu l’écouter. Ainsi, il s’est avéré que le concept d’émissions à thèmes n’était pas forcément souhaité par la majorité les auditeurs-trices et lorsque j’ai fait le choix de ne faire que de l’éditorial via les réseaux sociaux en live et que j’ai laissé la station diffuser uniquement de la musique, le résultat a été rapide et bénéfique : de plus en plus de connexions et un rayonnement géographique beaucoup plus large.

Comment sélectionnes-tu les titres qui entre en diffusion  ?

C’est la tâche la plus importante et chronophage de mon travail. Tout est lié à l’étude stricte des statistiques de la station. Combien d’écoutes ? Quand ? De quel pays ? Combien de temps ? Sur quel type de musique ? etc… J’en deviens presque un chimiste, évoluant dans un labo musical, qui doit traduire ces statistiques en potion magique, énergique et musicale pour satisfaire mes auditeurs-trices. Je dis « mes », car au bout de 9 ans, c’est avec eux que s’est construite NZK, L’indé!.

Comment « doses-tu » tes bacs et leurs fréquences de diffusion dans les clocks du RadioManager de Shoutcast ?

L’intérêt de solliciter NZK, pour les nouveaux groupes, pour leur diffusion et leur promotion, est qu’ils sont diffusés à trois clocks différentes dans la journée. Celles, notamment de meilleures audiences. Il y a également des moments de « lives » : la musique est diffusée depuis mon studio. Je peux ainsi voir les réactions de l’audience en direct et si besoin interagir, en temps réels, avec les internautes, via les réseaux sociaux (notamment Twitter).

Comment s’est passée la période du confinement ?

Les connexions n’ont jamais été aussi importantes et le nombre d’heures d’écoutes aussi. Bref, les gens prenaient ce temps précieux et important pour se divertir, s’ouvrir sur le monde, parler aux autres (virtuellement certes) et écouter de la musique. Je n’ai pas eu à communiquer plus, la magie a opéré d’elle-même. Par contre, les émissions que je faisais hors-les-murs, dans des bars, ont dû être annulées. Foutu virus, mais des conséquences pas si négatives pour tout le monde. Si le vaccin pouvait passer par la musique que je diffuse dans les oreilles, je serais le plus heureux des chimistes musical (rires).

Les relations avec les artistes ont elles été plus intenses durant le confinement ?

Les groupes aussi, dans leur grande difficulté de pouvoir se produire, ont trouvé en NewZeeK un moyen de survie important et efficace durant ce confinement. Particulièrement dans cette relation au public, si importante quand on est un groupe de musique. Certains ont pu la garder grâce à la station et ses réseaux sociaux notamment. Les auditeurs-trices revendiquant d’ailleurs le manque de ne pas sortir en concert.

J’ai un exemple plutôt cocasse et original, qui explique comment certains voient l’utilité de NewZeeK. Un membre d’un groupe écossais, qui était confiné en tant qu’étudiant en région parisienne, n’ayant pas pu retrouver les siens pour cause de fermeture des frontières, et se retrouvant en galère de téléphone mobile et d’ordi, a réussi à joindre ses proches grâce à la diffusion de son groupe sur NZK, L’indé! Il a pu, par l’intermédiaire de son voisinage, se connecter sur le compte Twitter de NewZeeK et interpeller la webradio et les autres membres du groupe pour donner signe de vie ! Je les ai connectés en mode privé et les échanges ont continué jusqu’à ce qu’il retrouve ses numéros et un portable. NZK, un social-media, aussi !

Pour finir peux-tu me redire un peu sur toi ?

J’ai 45 ans mais l’esprit d’un jeune garçon quand je découvre, chaque jour, les nouveautés qui me sont envoyés! La musique est mon carburant, la partager, mon moteur et que NZK, L’indé! soit écoutée, un de mes bonheurs. Car j’ai une petite fille, Lilou, 8 ans, qui sait d’ores et déjà ce qu’est l’antichambre d’une radio. Je suis aussi bénévoles et membre d’un Conseil d’Administration pour des associations de musiques actuelles en région Limousin. J’ai joué et aime énormément le rugby. Pour moi, NZK, L’indé! est un match, qui chaque année doit marquer, toujours un peu plus. Je suis né à Tulle (Corrèze) mais vit depuis plus de 20 ans à Limoges (Haute-Vienne). J’espère pouvoir souffler et fêter, l’année prochaine, les 10 années d’agitation musicale d’NZK, L’indé! Pour ça, je compte sur les auditeurs-trices, les artistes et la providence. Je suis un passionné, c’est grave docteur?!