Podcasts : les conseils d’un pro

Florent Mounier, producteur de la radio CinéMaRadio sur Shoutcast, a également lancé « La Fabrik Audio« , un studio qui créé, entre autres, de nombreux podcasts. Animateur, notamment sur France Bleu, Florent s’affirme comme un vrai pro de l’audio et partage son expérience du podcast dans le cadre de cette interview. Quelles thématiques ? Quels matériels ? Quelle durée ? Il répond à nos questions.

En quoi le podcast est-il selon toi un format efficace aujourd’hui ?

Cela n’est un secret pour personne, il y a effectivement « un boom » du podcast depuis quelques années. Je suis originaire du monde de la radio en ayant travaillé sur des radios régionales et France Bleu. Mais je ne pense absolument pas que le podcast soit là pour remplacer la radio ou la webradio. En effet, c’est un média complémentaire, délinéarisé qui permet de donner toute la liberté à ses usagers dans leurs choix et habitudes d’écoutes. Le podcast a cette similitude avec Youtube pour la vidéo qu’il casse les codes, tous les codes! Finies les chroniques de 2’30 » pour que ça rentre juste avant le top horaire radio, fini le phrasé radio, finis les jingles très « bande fm ». Avec le podcast, on casse tout et on recommence! Et c’est la raison pour laquelle les podcasts dits « natifs » ont un avantage considérable sur les replays traditionnels, ils n’ont pas besoin de s’extraire de leur forme première, ils naissent « différents », originaux, et au fond c’est cela qui semble plaire au public podcast. Encore une fois, la comparaison avec Youtube est frappante: ce ne sont pas les chaînes de télévision traditionnelles qui ont remporté la mise avec Youtube. Ce sont bel et bien de nouveaux acteurs, qui imaginaient des contenus sans tous les codes contraignants imposés par le milieu TV. 

En somme, il n’y a pas un format de podcasts mais une multitude de formes et c’est ce qui semble attirer les audiences vers ce nouveau média de l’audio. 

Quels sont selon toi les ingrédients d’un bon podcast ?

Je suis intimement convaincu que le podcast est le média du « parler vrai ». Je pense donc que c’est l’authenticité qui est recherchée. D’autre part, la particularité du média podcast est qu’il s’adresse vraiment à des cibles très précises autour de sujets très précis. Le podcast est le média des niches d’intérêts. Plus la niche est précise, plus l’audience va être attachée à la chaîne. Avec le podcast, je ne pense pas qu’il faille courir après de fortes audiences, mais plutôt après une qualité d’audience. Si les auditeurs que nous avons sur un épisode reviennent pour l’épisode suivant, c’est que l’essai est transformé. Et c’est d’ailleurs cela qui intéressera les régies et les marques pour une éventuelle monétisation.

Quelles sont les thématiques qui fonctionnent le plus ?

Je suis tenté de vous répondre non pas en fonction des statistiques d’audiences que j’ai lues à droite et  à gauche mais plutôt en fonction des audiences des podcasts de La Fabrik Audio. Nous avons différentes thématiques de podcasts. Et là où l’audience est la plus forte c’est avec le podcast La Petite Histoire qui s’intéresse à l’histoire de personnages de fiction comme Dexter, Zorro, le Parrain, ou bien encore Calamity Jane. 

Ensuite, la thématique du cinéma fonctionne bien puisque le podcast cinéma de Cinémaradio rassemble beaucoup d’auditeurs chaque mois. 

Enfin, les voyages et les aventures avec le podcast Les Aventuriers semble aussi attrayants pour un grand nombre.  

Quel matériel conseillerais-tu à un débutant en podcasting ?

Cela dépend de ce que le podcasteur souhaite faire. Si c’est plutôt du reportage d’immersion, un enregistreur de marque zoom par exemple sera un bon investissement. Si c’est plutôt un show autour d’une table en studio, alors il faudra investir dans plusieurs micros, une table de mixage et une carte son pour l’ordinateur. Perso, j’utilise des micros Shure SM58 et des T-BONE mais il existe beaucoup d’autres possibilités.

En quoi le montage est capital ?

Le montage se situe en bout de chaîne donc on a parfois tendance à le malmener car on a envie que notre production sorte vite. C’est une erreur. Je le vois avec le podcast que je produis « Et Pourquoi Pas! », les bons épisodes ont été ceux qui ont connu le plus gros montage qui a su donner du rythme à l’ensemble. Il faut que l’auditeur ait l’impression qu’on lui propose ce qu’on a de mieux, et non pas tout et n’importe quoi; mais c’est en faisant qu’on apprend.

Quelle est la durée idéale d’un podcast ?

Là encore, puisque le podcast n’a pas de format précis, et n’a que très peu de contraintes, je pense qu’une durée idéale c’est celle qui permet à un contenu d’être le plus performant possible. Donc il n’y a pas de règle. Pour les talk shows on va privilégier les formats assez longs, 30 minutes par exemple. Pour les récits et reportages on peut être sur des formats très courts, incisifs.   

Sur quelles plate-formes es tu référencé ? Est-ce facile de se faire référencer ?

Les podcasts de La Fabrik Audio sont en général référencés sur toutes les principales plateformes d’écoutes. En tous cas, c’est l’ambition que j’aie pour chaque production. Ce n’est pas difficile de se faire référencer mais c’est du boulot. Un peu fastidieux…    

Comment mesures-tu l’audience de tes podcasts ? A partir de quand considères tu que l’audience est bonne ?

J’utilise deux outils pour mesurer l’audience des podcasts de La Fabrik Audio: Podtrac, un outil indépendant de mesure de l’audience qui permet de savoir combien d’écoutes ont été enregistrées pour chaque épisode. Et les statistiques propres à ma plateforme d’hébergement. Les deux outils donnent très souvent des résultats assez proches.

Certains podcasts de La Fabrik Audio ne font pas beaucoup d’audience mais leur public est très fidèle. D’autres podcasts de La Fabrik Audio attirent beaucoup plus de monde. Mais difficile de dire à partir de quel chiffre je suis satisfait car cela est propre à chaque thématique. Mais quand j’observe que chaque épisode de La Petite Histoire est écouté en moyenne 10 000 fois, je suis assez content!