Superloustic, pour lutter contre l’anxiété du confinement

En cette période de confinement forcément anxiogène pour beaucoup d’entre-nous, Superloustic, ancienne FM pour les plus jeunes dans les années 80-90, offre une bonne bouffée d’oxygène aux quadragénaires en plein doute. Ils peuvent ainsi réentendre chansons et génériques TV de leur enfance. Nous avons rencontré Vincent. Le broadcaster de Superloustic sur Shoutcast est aussi développeur d’applications numériques et vit en banlieue parisienne. Il est surtout resté un grand enfant.

Bonjour Vincent. Pour commencer, rappelle-nous l’histoire de Superloustic…

Superloustic était une radio FM née à la fin des années 80 et destinée aux enfants. La première du genre. Elle diffusait des chansons et des génériques de dessins animés, le tout ponctué avec des animateurs et de nombreuses émissions. Elle a malheureusement disparue en 1992 ! Cette webradio est destinée à lui rendre hommage à travers une programmation telle qu’on pouvait l’entendre à l’époque et la rediffusion d’anciennes émissions et rubriques.

Comment la radio a-t-elle évolué ces dernières années ?

La radio était au départ diffusée à partir d’un logiciel de diffusion distant sur lequel il fallait télécharger directement nos disques et paramétrer les enchaînements et règles de diffusion dans une interface web. Aujourd’hui, elle est diffusée en live, depuis un ordinateur dédié grâce à un logiciel de programmation radio. C’est beaucoup plus simple et rapide à gérer, ça permet plus de flexibilité, la possibilité de faire des émissions en live et de diffuser les demandes de disques des auditeurs depuis le site internet. Site internet qui a lui aussi évolué et c’est enrichi de nombreux contenus, infos, vidéos, souvenirs et la possibilité de commenter ou de consulter les fiches de chaque disque de la playlist. 

Les autres étapes importantes ont été de référencer la radio sur les box TV Free et Orange ainsi que sur les principales plateformes d’écoute. Aujourd’hui, Superloustic a sa propre application mobile disponible sur GooglePlay et Apple Store. 

Comment composes-tu et actualises-tu la programmation ?

Le plus difficile a consisté à retrouver les disques et les différents éléments qui constituaient la programmation de la radio de l’époque. C’est un travail de longue haleine et, aujourd’hui encore, la programmation s’améliore au fur et à mesure des trouvailles. J’essaye aussi de retrouver d’anciennes émissions pour les proposer sur l’antenne. Les auditeurs contribuent aussi à ce travail en partageant leurs souvenirs et des archives.

En cette période de confinement, comment se passe la vie de la radio ?

Je n’ai pas spécialement modifié la programmation puisque le but reste toujours de proposer la radio dans sa forme la plus fidèle par rapport à la programmation d’époque. Cependant, je profite d’avoir un peu plus de temps pour continuer mes recherches, notamment pour retrouver des chansons ou remasteriser certains jingles.

Trouves-tu que ta radio est particulièrement adaptée à la période de confinement que nous vivons ?

Oui, car en ce moment, l’actualité apporte son lot d’angoisses et de désagréments. La radio permet de se replonger dans cette douce période nostalgique et de repenser à ce que nous avons pu écouter quand nous étions enfants. C’est un bon moyen d’évasion.

Proposes-tu des podcasts ?

J’ai retrouvé plusieurs émissions de l’époque : des interviews de personnalités ou encore des numéros de La Grande Parade des TV Toons, présentée par Olivier. Il y a aussi des productions récentes, principalement des interviews d’artistes, de chanteurs ou d’anciens membres de l’équipe de la radio FM. Après les avoir diffusée sur l’antenne, ces émissions sont aujourd’hui accessibles en podcast sur toutes les grandes plateformes d’écoute.

Comment s’est passée la bascule sur Shoutcast ? 

Très simplement. C’était fin décembre, j’ai juste eu à cliquer sur un lien dans mon ancien profil Radionomy et tout le contenu de la radio et son paramétrage ont été basculés sur Shoutcast. J’ai  ensuite ajouté mes nouveaux identifiants de connexion dans le logiciel de diffusion et renvoyé le nouveau lien d’écoute à toutes les plateformes et applications qui référencent la radio. 

Que représentes pour toi désormais le fait être diffusé sur Shoutcast ?

La bonne nouvelle, c’est que nous sommes à nouveau diffusé partout. Radionomy avait arrêté d’être relayé vers les États-Unis et d’autres pays. Les auditeurs qui ne pouvaient plus accéder au live se sont réjouis sur les réseaux sociaux de ce retour. Nous avons également amélioré notre flux d’écoute : il est aujourd’hui en format AAC MPEG-4, c’est-à-dire avec moins de compression et une qualité d’écoute de 320 kbps.

Il faut maintenant payer une licence annuelle pour les droits de diffusion. Je n’ai pas trop attendu ou hésité. J’ai fait cette démarche dès le premier jour de diffusion sur Shoutcast. Un investissement supplémentaire, mais motivé par le fait que la radio a un public fidèle et toujours plus nombreux que je ne veux pas laisser tomber. 

As-tu des échange avec tes auditeurs ?

Oui, il y a d’abord les auditeurs qui ont connu la radio à l’époque et qui se réjouissent de pouvoir écouter la radio de leur enfance. Ils me demandent si je peux diffuser tel ou tel disque qu’ils aimeraient réentendre. Je suis aussi surpris de découvrir que certains apprécient la radio alors qu’ils ne l’ont absolument pas connu avant. J’avoue que ça me fait très plaisir.