Webradio, podcast… l’emblématique Max se confie

C’est un animateur qui marqué toute une génération, mais aussi sans doute l’histoire de la radio en France. Dans les années 90, Max était la star des soirées et des nuits de Fun Radio avec son mythique « Star System », que bon nombre de quadras d’aujourd’hui sont loin d’avoir oublié. Et après avoir diversifié ses activités, le voilà de retour à la radio, sur la FM et le digital. Sur Nostalgie, il est un élément moteur du virage « années 80 ». Mais il a également lancé récemment sa webradio La Max Radio ainsi que ses podcasts. Professionnel aguerri, il nous donne sa vision de l’évolution actuelle de la radio, résolument tourné vers le digital.

Bonjour Max, raconte-nous le lancement de ta webradio…

L’idée était de refaire de la radio pour s’amuser, je croisais beaucoup de gens, d’anciens auditeurs de Fun, qui m’en parlait. Aujourd’hui, faire de la webradio ne coûte pas cher. J’ai pu trouver du matériel, un studio et ça fait maintenant 4 ans que j’ai lancé La Max Radio.

Comment se compose la programmation musicale ?

J’ai une ligne éditoriale musicale avec environ 500 titres en playlist. J’ai des nouveautés (entre deux et quatre par semaine), des golds, des récurrents. Tous les quatre disques il y a une nouveauté. Les nouveautés que je retire passent en catégorie B, il y a ensuite les récurrents et les golds. J’ai pris des bases de programmation radio, il n’y a que des radios edits, pas de maxi. Il faut que ça sonne comme une radio. J’ai mis des vieux sons de l’époque, des Daft Punk, des Alan Braxe. J’ai pas mis de trucs trop rock/grunge, car musicalement ça passait trop du coq à l’âne.

C’est un peu la même chose que sur une radio musicale FM traditionnelle...

Oui, ce sont les codes de la FM. Mais après il y a aussi les codes Star System de l’époque : quand je dis que je fais de la radio libre, c’est vraiment de la radio libre. Je m’amuse, je m’éclate les auditeurs sont contents, je fais pas mal de live sur Instagram. J’utilise beaucoup les réseaux sociaux. Le studio, qui se trouve en région parisienne, est un vrai studio. Pas juste une table avec deux micros. Il y a de vrais micros, une console, tu peux faire des inserts, il y a un traitement de son. Il y a aussi un petit côté « à l’ancienne » : je vais ajouter une platine vinyl, je peux jouer des CD… Et puis j’ai aussi toute la nouvelle technologie etc…

J’ai un rendez-vous qui est tous les lundis soir à 23h et puis il peut m’arriver dans la semaine de refaire l’émission ballade nocturne mais avec des nouveautés. Là j’ai fait récemment une émission de Cyber Trance / Trance Goa. Quand je suis en direct, l’audience se compte en milliers d’auditeurs à peine, mais c’est tard et c’est que le lundi. Mais il y a beaucoup de gens qui se disent qu’ils écouteront en podcasts. D’ailleurs, je sais que je suis à 450 000 téléchargements de podcasts.

L’idée est vraiment de s’amuser sérieusement. Et pas de gagner de l’argent. Les frais (matériels, titres, SACEM…) sont financés par les dons des auditeurs.

Quelle est ta vision de la webradio aujourd’hui ?

Je retrouve ce que moi j’étais dans les années 90. A Fun, on ne m’imposait pas un invité, on ne m’imposait pas une musique. On ne m’obligeait pas à mettre quatre disques dans l’heure. Parfois je n’en mettais pas du tout. C’était possible à Fun dans les années 90 et aujourd’hui si on me redonnait de l’antenne, je ne pourrais plus le faire. Je retrouve ça. La radio porte mon nom et musicalement ce ne sont que des titres que j’ai aimés. C’est 100% à l’image de ce que j’aime entendre à la radio.

Le but initial était de faire de la radio depuis la maison, ça changerait radicalement car j’aurais tout à dispo et je ferais beaucoup plus d’émissions et il y aurait beaucoup plus de contenus. La radio se serait développée bien plus vite. La web c’est sympa quand tu as un studio à toi pour décider de décrocher pendant une heure. Ce serait encore plus spontané.

Et le podcast qu’en penses tu ?

C’est comme quand, à l’époque, des gens n’avaient pas écouté le Star System tard le soir sur Fun et qu’il l’avaient enregistré sur cassettes pour l’écouter dans la journée. C’était le podcast de l’époque. On s’en rendait pas compte mais c’était déjà ça. C’est une deuxième vie pour l’émission. Il y a aussi beaucoup de podcasts originaux très intéressants, mais il y en a tellement !

Parle-nous un peu de ta présence sur Nostalgie ?

Gaël Sanquer était venu me voir à la maison à l’époque où il était sur Virgin. On avait failli collaborer ensemble à cette époque-là. C’est ce qui a fait que j’ai fait La Max Radio peut-être et puis il a pris la direction du groupe NRJ. On a déjeuné ensemble. Nostalgie avait pris un virage années 80. Et je lui ai dit banco et les choses se sont enchaînées. Après quelques tests, on a créé, à la rentrée de septembre deux rendez-vous : le premier à 18h qui s’appelle le Minimix de Max, qui existait d’ailleurs déjà sur Fun à l’époque. C’est 3 ou 4 titres choisis par les auditeurs et que je mix. Le second c’est un maxi années 80. C’est fabuleux car je retrouve l’état d’esprit de Fun. Je fais aussi une nuit « évenementielle » par mois. Je m’entends très bien avec toute l’équipe. Je m’amuse comme à l’époque quand je venais à Fun.